Le rugby a Tahskent

Tashkent et ces arteres circulantes et stimulantes, une brise matinale parcours les grandes avenues arborisees de la capitale Ouzbeck. Pourtant quatre cyclosacohistes arpantant la ville contrastent avec cette atmosphere douce et lascive. C'est en effet avec un enthousiasme non dissimule que nous retrouvons enfin le chemin des terrains a Tashkent apres pres d’un mois et demi d’abstinence.
Back to the debute pour remise en situation : grace a l'aide d'un rugbyman anglais, Alan France (et oui ...), accessoirement directeur de l'unniversite de Westminster a Tashkent, nous prenons contact avec les autorites locales du rugby. L'entrainement aura lieu sur le terrain de l'ecole militaire le jour suivant.



Arrives a l'entree du stade , l’attente est un peu longue. Des apprentis militaires Ouzbecks verfient notre identite, pas nos crampons, grand bien leur en a pris. L'entrainement peut commencer sous l'oeuil avise du grand mani-tout russe du rugby ouzbeck Serguie Fadin .4 jeunes seniors et un melange heteroclyte de rugbywomen et jeune pousses prommetteurs seront nos partenaires de jeu. 1 heure plus tard et quelques tours de passse passe la balle a l'aile la vie est belle, et nous redescendons sur terre. Les genoux les premiers. Et ca fait mal. Olivier Merle n'a jamais participe a la grande boucle et pour cause. Le velo n'est pas a inscrire au programme d'entrainement d'un rugbyman.
Les ouzbecks quant a eux compensent leur deficit technique par une enorme envie. Timur Nesquik sonne la charge (il joue demi de melee tout va bien ) alors que Tatiana, pleine de feintes et d'esquives se la joue plutot Quicky. La vivacite des quelques filles sur le pres nous impressionnent deja. A notre grand dam nous n’avons pas pu prendre de photos dans l’enceinte militaire. Quelques photos volees malgre tout par notre agent secret Carlos.





Le rugby a Symkent

Une centaine de km plus loin et une frontiere traversee une nouvelle etape rugbystique nous attend.
Petit matin et la sonnette retentit. Le rugby kazak se leve tot. Decides a faire bonne presse du "jeu a la francaise" filours et moi prenons les devants pour une premiere rencontre embrumee avec l'entraineur local.



Apres une collation sur le pouce, visite du stade municipale et de son "hall of fame" bien garni. A notre plus grande surprise le rugby y est en bonne place. Frantzous (qui veut dire "Francais" en russe) , la star locale du rugby (trois quart centre / buteur de l'equipe nationale ) nous explique que le rugby se developpe en grande partie grace a l'essor du rugby a 7 promis a un avenir olympique. Un petit detour par les vestiaires au cachet tres pittoresque et Phillipe Doisneau retrouve son inspiration.



Saut de haie jusqu'a la piste d'atlhe ou le champion national du sprint nous explique en coup de vent que les standars d'entrainement on peut evoluer depuis l’eire sovietique. Tout ca en moins de 11 sec , pas le temps, pas le temps.




Le rendez vous est pris pour 5:00 le meme jour. Au programme match de rugby a 7 dans les regles. La pression monte... Avant meme motre arrivee sur le terrain le match commence. Rencontre avec le capitaine de l'equipe, 5 dents en or et autant de neurones, qui nous explique qu'il n’est pas venu pour beurrer des tartines. On va manger chaud selon ces dires. A croire qu'il n'a pas entendu parler du "French flair"... hum...



Bcp d'intox chez nos amis d'outre desert et finalement le match, meme agremente de quelques irregularites, reste correct. Frantzous, Tamura, et les jeunes de Symkent sont sans conteste les meilleurs joueurs que nous ayons rencontres jusqu'a present sur notre route. Defense agressive, engagement optimal dans les regroupements (parfois un peu limite), et des jambes qui nous font regretter nos 20 ans (et oui 10 ans deja). Techniquement sans fioritures (les chisteras et autres « bouglionnes Â» sont restes au vestiaires), nos amis kazaks jouent juste. Les courses sont rectilignes et les ballons arrivent dans les mains c'est l’essentiel. Fodamental meme.
Amputes il est vrai d’un de nos membres de valeur en la presence du medecin/joueur de l’equipe, nous prenons une lecon de simplicite et d’efficacite. Nos adversaires prennent le large au score, nous tentons le large sur le terrain en vain. Nous arrivons quand meme a gagner le respect de nos adversairess grace a quelques mouvements de qualite ponctues par les accelerations d’un Filours aux cannes retrouves. Et quelques plaquages bien senties de Boule il est vrai. Faut bien faire connaisance. Fin de la partie, et nous nous sentons deja beaucoup plus proches de nos hotes qui bien sur ne manquerons pas de nous faire connaitre leur version de la troisieme mi-temps...« What happens on the tour stays on the tour... »




Le rugby a Taraz

Que dire de notre rencontre a Taraz, si ce n’est qu’elle fut aussi breve qu’impressionnante. Tous les joueurs en vacances, c’est un entrainement improvise que nous propose Vania , Danny de Dito kazaque, deguise en entraineur de rugby. Surprise a l’arrivee au stade, des joueuses court vetues nous attendent pour participer a une cession de tricot-rugby. Les blagues vont bon train. Nous fanfaronons devant les cameras de Olympic Sport TV venus specialement pour l’occasion. Nos hotesses manucurees rigolent, nous allons nous en mordre les doigts.








Une fois n’est pas coutume, nous faisons equipe avec les 4 meilleurs joueuses de l’equipe locale. Le coup de siflet retentit et c’est parti pour une unique mi-temps de 15 min. Et la que dire devant tant de splendeurs... Festivales de passes vrilles, de courses chaloupees et de prises d’appui improbables. Nous faisons de la figuration et restons pantois devant tant de graces et de « belles attitudes ». Le jeu de ses dames leur sied a ravir. Finesse tactique et subtilites techniques sont de rigueur. Allez, point d’orgue pour les inities, la demi d’ouverture kazaque, 5 fois championne d’asie avec l’equipe de 7 du Kazakstan, qui reprend en ces termes son ailiere apres une longue sequence de jeu avortee a quelques metres de l’en-but : « bah alors ? un 2 contre 2 dans les 5 metres en bout de ligne tu t’attends a quoi, un coup de pied par dessus ? tu l’as pas vu mon appel de croise ? » . Nous on l’avait vu bien sur.




Le rugby a Bishkek

Fin des peripeties rugbysitiques et derniere etape avant let 2 mois d’abstinence.
Bishskek petite soeur de Tashkent par leurs physionomies confondantes de similiarites. Ici comme ailleurs en Asie centrale on pratique le rugby sans moyens mais avec beaucoup de passions. Pavel, ancien handballeur et coequipier de la star national du sport kirghize, Doutchebaiev (ex meilleur joueur du monde expatrie en Espagne), nous acceuille au sein de l’unique equipe du pays. Entraineur, joueur, manager sont des fonctions assumees par une seule et meme personne. La tres jeune federation kirghize de rugby (nee en 2001) manque de ressources mais pas d’envie. Une equipe senior assez cosmopolite, une equipe feminine, et surtout une mulititude de minots qui se retrouvent 2 fois par semaines pour se delecter avec malice des rebonds capricieux de l’ovale beuchigue. les gabaris sont minces et elances. Infatigables et insaisissables, pour avoir courru une apres midi apres eux, nous pouvons vous l'assurer : le rugby a de l’avenir a Bishkek, qu'on se le dise.






Epilogue

Toutes ces rencontres dans des pays ou l'existence meme d'une equipe de rugby etait improbale, nous poussent a finir cet intermede sur le rugby d’Asie Centrale par un plaidoyer pour le jeu a 7. Paradoxal pour nous qui avons grandi au travers d’un sport qui se joue a 15 et ou chacun corpulent comme famelique, poilu comme imberbe trouvent sa place dans une equipe. Pourtant ici aussi il est question d’unniversalite. Le rugby a 7 est simple, convivial et moins hermetique que le rugby a 15. Pas besoin de grand discours ni de sceances de tableau noir pour comprendre le role de chacun. Et pourtant les valeurs sont les memes. Ce sport est fait pour etre pratiquer par le plus grand nombre et ne demande qu’une fenetre mediatique elargie pour rassembler d’autres nations autour de la table ovale. Et pourquoi pas trouver sa place au pantheon de l’Olympisme . Car le reve est bien la, et la symbolique serait énorme si les Jeux Olympiques de 2012 voyaient le retour du rugby (par le biais du rugby à 7) à Paris *.
Alors a quand les gamins de Samarcande jouant au rugby sur la place du Registan ? les enfants de Bishkek se faisant des passes sur le parvis de la maison blanche de l’ex president Akaiev. Ici la revolution est deja en marche.

* Le 8 juillet prochain, a Singapour, 2 jours apres avoir designe la ville qui acceuillera les JO en 2012 le CIO decidera si le programme sportif des Jeux doit etre modifier. Si le rugby refait son apparition aux Jeux, la France aura vu chaque apparition (1900) et disparition (1924) de ce sport aux J.O. depuis sa création. Nous on y croit.