Impatients? OUI! Non pas de quitter la Chine mais plutot de decouvrir ce pays dont on nous a tant parle.

Pour ne rien cacher, c'est vrai que qu'en sortant du Tibet nous etions un peu las de la Chine et des chinois. Mais durant notre sejour dans le Yunan ces derniers on reussi a gagner toute notre sympathie. Notamment Peng GAO notre hote a Kunming, en tete. En boite, on se fait regulierement offrir des cloppes et des coups a boires.

Nous quittons Kunming apres une semaine de repos qu'on pourrait appeler convalescence vu l'etat de delabrement physique dans lequel nous etions. Kunming etant situer a 2000 metres d'altitude, le trajet vers LAO CAI ( ville frontiere ) s'apparente a un enorme toboggan vert. Sympa la reprise.

Le passage de la frontiere se passe plutot bien, meme si le douanier chinois s'amuse au jeu des 7 differences avec ma photo de passeport et ma tronche actuelle, alors que Boule est passe sans probleme avec ses dreadlocks. Comme d'hab on se fait un peu entuber sur le taux de change par un de ces traines-savates qui font leur beurre en magouillant a cheval sur la frontiere. Comme partout, cette ville frontaliere transpire la fraude, l'escroquerie et le marche noir. On ne se fait pas prier pour filer plein sud vers Hanoi qui est a 2 jours de velo.

La chance, qui ne nous quittera pas durant toute la traversee du pays, fait que nous demandons le gite a un des douaniers vietnamiens qui nous a vu passer le matin meme. Il a la soixantaine bien tapee, et les deux mots de francais dont il se rappelle sont "Manger" et "Dormir". Ca nous convient parfaitement, mais avant ca , il y a presentation de la famille, prise de photo de groupe, discussion sur le football ( Zinedine Zidane, Ronaldo, Stephane Chapuisat ... j'en passe et des meilleurs). Grace aux deux petits de 7 et 9 ans nous pouvons discuter grace a leur cours d'anglais et leur petit dictionnaire : Quel age avez vous? Combien de soeurs? Combien de freres? Quel travail? Combien de pays traverser? Ensuite, a nous de poser des questions afin de decortiquer cet arbre genealogique tres touffu qui a bien voulu nous accueillir. En effet, la maisonnee compte une quinzaine de personnes et 4 generations.

Notre endurance aquise en montagne et les eloges faites sur Hanoi nous ferons avaler ces 300 bornes sans probleme. A Paris deja, Carlos et Gilles GAMOND, notre parrain, nous parlaient de cette ville comme l'une des plus belle du monde.

Etant donne l'immensite de l'agglomération, l'arrivee fut epique. D'apres ce qu'on a vu du trafic, il y a fort a parier que le code de la route vietnamien tienne sur un post-it. Post-it qui a surement du s'envoler vu la vitesse a laquelle les gens roulent. Qu'importe, on sert les fesses et on pedale sec pour etre a l'heure au rendez-vous avec Nico Berry au glacier "Chez Fanny" d'ou emane un parfum vanille-france.

Une fois en ville, la conduite change du tout au tout. Pourquoi? tres simple : il y a une voiture pour 50 mobs. Dorenavant, la circulation s'apparente a un enorme banc de poisson. Une fois le compteur bloque a 30 km/h, il y a deux regles a respecter : ne jamais freiner et de ne jamais accelerer. Cela permet de faire autre chose sur sa motobilette, tchachter avec son voisin, telephoner, se plotter si on est 2 sur la mob, draguer si on est seul, se marrer si on est 3 ...

Bref, c'est bien joli tout ca mais nous sommes a la bourre pour le rencart et completement paume. Heureusement, une gentille sirene motorisee nous a pris par le guidon ( en tout bien tout honneur ... ) pour nous deposer juste devant Miko Berry. Et pis not'fee clochette s'est noyee dans le trafic sans meme entendre nos remerciements. Tant pis, on a retrouve Nico. Notre plaisir de voir sa tronche n'a d'egal que son etonnement de voir les notres metamorphosees.

Comme d'hab, Nico a tout planifie comme du papier a miousique. Hotel, boite, rencontre avec des expats mais aussi avec sa famille d'Hanoi.

En deux mots pour ce qui ne connaissent pas l'animal :

Nicolas Berry naquit peu de temps avant sa rencontre avec Kekille dans les bacs a sable de Bourg-La-Reine. Maman vietnamienne et papa francais. College-Lycee a Lakanal et rugby a Antony comme les fameux Francois Boulart et ("Oh putain!") Carlos Binetruy. Pour ma part, ma premiere fois avec Nico, c'est plus qu'une rencontre, dans le sens ou je l'ai pris en pleine gueule lors d'une demi-finale Centrale Lille - ESTP. Match remporte par Lille aux tirs aux buts. Depuis l'arbitre s'est exile en Argentine, le pack de l'ESTP le cherche encore. Bon revenons a notre mouton.

Niko aime : le jeu au pied, la bonne bouffe, les petits chiens debiles, etre bien sape et la chasse aux sangliers au couteau...

Niko n'aime pas : conduire lentement, les boissons gazeuses, les sangliers qui eclatent les petits chiens debiles, les alcools de moins de 50 degres, perdre aux tirs au buts en 1/2 finale.

Mais il faut savoir que ce gentil jeune homme de 26 ans que je viens de depeindre et aussi dote d'une enorme paire de couilles ( passez moi l'expression ) car il monte en ce moment un cabinet d'architecte simultanement en France et au Vietnam. Mais il s'est quand meme octroyer une petite semaine de vacances avec nous. Chic a nous!!!

Apres s'etre rafraichi "Chez Fany", on a file a l'hotel pour la distribution des victuailles : pate Henaff, saucisson, livres, Midol, L'Equipe, Entrevue ... et surtout la fin du canular organise par Niko et les rugbymen de Centrale Lille. Je m'explique.

Depuis quatre ans le LARGE ( Ligue des Anciens Rugbymens des Grandes Ecoles ) organise le BARGE, tournoi regroupant une douzaine d'ecoles d'ingenieurs et de commerce. Et depuis sa creation, ce tournoi a toujours ete remporte par Centrale Lille. Cette annee ne pouvant pas y participer, des que cela a ete possible nous nous sommes enquerit du resultat de l'edition 2005. Et ces gredins n'ont rien trouve de mieux que de gagner la coupe et de nous faire croire qu'ils avaient ete elimine en poule. Que ce soit par mail, par MSN, ou telephone tous nous ont fait marcher pendant plus d'un mois jusqu'a ce que Nico nous donne la photo de l'equipe victorieuse et 2 maillots offert aux vainqueurs par l'organisation. AH la claque!!! Encore bravos bandes d'enfoires!!!!

Bref, apres la distribution des cadeaux en tchatchant des ragots parisiens, on file louer des mobs pour decouvrir la vie nocturne d'Hanoi.

Durant cette petite semaine passee avec Niko, son papa nous rejoindra pour partager quelques excursions notament sur la baie d'Halong. Mais nous decouvrirons aussi quelques endroits sympas grace aux rugbymen des Dragons de Hanoi : Jerem from no where, Laurent "Big Smile" Casteret et Aaron from deyounaitidestete!!! Ne croyez pas qu'on fait que la teuff, c'est a Hanoi que nous avons rejoue au rugby pour la premiere fois depuis le Kirghistan. Oh punaise!! ca fait bizare, au debut on cours a 2 a l'heure, on tappe des coups de pieds a l'emporte piece, et on plaque comme des chiffonieres. C'est plus le Crazy-Horse que le 15 de France. Mais au bout des 2 heures cela ressemblait a du rugby.

Apres une semaine de repos pas reposante du tout, nous faisons un gros becots a Niko et piquons vers le sud direction Hue : ancienne capitale du vietnam, endroit ou le roi etait installe ( avec son harem ... le salaud!!!)

Dans un de ces bar de backpakers ( tour du mondistes sac au dos ) dont les murs sont couverts de graphiti debilos, Kekille et moi prennons notre brunch. Et juste apres avoir lu le plus trash de ces tags, en francais et a voix haute. Une des trois jolies misstinguettes qui causaient en anglais a la table a cote, nous scotche par un "vous etes francais?" et merde on passe encore pour des baltringues. Mais que neni, au final on a rencart le soir meme. Mais comme il y avait majorite d'anglophone, la langue de Shakespeare s'imposa a la table. Une fois que Magalie la quebecoise ait arrete de me causer en francais pour participer a la discution generale la situation a commence a se corser. Comme j'avais deja quelques binouses dans le cornet, s'inserer dans la conversation m'a rappeler ma premiere traversee de la place de l'etoile en voiture ... le 12 juillet 98, si je me souviens bien.

Bref soiree tres cool, mais nous partons le lendemain, comme je vous l'ai dit la chance est avec nous et nous retrouverons Magalie, Anna et Katy quelques jours plutard.

En attendant, nous passons le col des nuages et traversons la campagne vietnamienne pour rejoindre Hoian. L'image la plus marquante restera les sorties de lycees et de fac. Les etudiants sont tous en uniforme vraiment tres elegants. Les garcons en chemises blanches et en pantalons a pinces bleu marine. Et les filles en habille traditionnel blanc, un pantalon trompette et une longue chemise echancree en bas ... vous voyez pas trop, je vous comprends, bref elles sont magnifiques, elegantes ... la grace a l'etat pure. Et pour couronner le tout, elles rentrent chez elles a deux en velo, et chacune pedale, en effet vu qu'elle chaussent du 32 c'est facile pour elles de mettre deux pieds sur une meme pedale. Et c'est beau ... bon j'arrete la, sinon on va m'accuser de faire la sortie des ecoles.

Hoian n'est pas seulement un super coin pour faire du recto-verso sur la plage mais c'est aussi la capitale vietnamienne du pret-a-porter sur mesure. Boule et Kekille y sont allez gaiement afin de refaire le garde-robe en prevision de le retour en France, et ce, en depit du fait que le tailleur etait tres soucieux que mes camarades beneficient d'un confort absolu au niveau de l'entre-jambe. Je me suis finalement laisser tenter par une chemise ce qui me permettais de me faire un petit plaisir sans me faire tripoter les testiboules par un mec que je connais pas.

On repasse quelques bonnes soirees avec les demoiselles de Hue mais aussi avec Marie et Philippe des amis qui etaient avec nous a Centrale et que nous avons croise sur la plage. Truc de ouf, comme on dit chez nous!

Alors que dans notre chambre d'hotel, on fait un petit bilan sur le changement de vie entre le Tibet et la belle vie vietnamienne, on tombe sur Stade Francais-Toulouse retransmis par la chaine TV5 Asie. Nous avons vraiment le cul borde de nouille.

Mais le temps presse nous devons mettre le turbo pour visiter Saigon en 4eme vitesse et ralier Phnom Phenh pour le tournoi de rugby a 10 que nous disputerons au sein de l'equipe des FABs ( French Asian Barbarians). Cette equipe regroupe tous les frenchy rugbymen d'Asie du sud-est qui privilegie la 3eme mi-temps aux depends des 2 premieres. C'est donc tout logiquement que le briefing d'avant tournoi avec Florent, Marcel, Olivier et les autres FABS de Saigon se passe autour d'andouillette-frites, de pastis, camembert et baby-foot!!! Merci les gars pour cette derniere petite soiree en terre vietnamienne. Comme dirait Jerem-From-Nowhere les lendemains de cuite : "Oh putain, j'ai les dents molles".

Taluuuuuut.